The Dears – No cities left

Ça vous prend, comme ça, comme moi, un beau jour. Vous vous dites que vous réécouteriez bien ce groupe là, dont vous aviez adoré (et acheté, tiens) l’album, qui a tourné en boucle pendant un moment. Vous vous demandez ce qu’il est devenu depuis cet album, parce qu’après vous n’avez plus trop suivi.

C’est exactement ce que je me suis dis en remettant « No cities left » des Dears, sur ma platine (oui, j’ai investi début du siècle dans une chouette chaine hi-fi, que j’ai toujours, juste avant la compatibilité de lecture des mp3 et les adaptateurs USB).

Passé le petit vertige du temps qui passe, (comment, déjà 12 ans ?), et du miroir qu’il vous tend, on s’arrache à la contemplation de ce qu’on est devenu pour s’oublier dans la musique.

Certaines productions sont mieux là où elles sont, sur les étagères de nos émois musicaux, et feraient mieux d’y rester, tant elles risqueraient d’échouer à l’épreuve du temps.

Ce n’est pas le cas pour The Dears, ou alors, le temps écoulé n’est pas encore suffisant, je ne sais pas.

En 2004, c’est un groupe qui entame déjà sa première décennie et qui publie seulement son deuxième album (ou troisième, difficile de savoir entre les EP, les autoproduits etc.). C’est davantage un collectif qu’un groupe, où les membres vont et viennent autour du seul membre d’origine, le chanteur Murray Lightburn.

L’album sort fin de l’année, un mois après « Funeral » d’Arcade Fire, également de Montréal, qui a eu le succès que l’on sait. Même s’ils ne sont pas comparables, on peut se demander à quel point il a pu être difficile d’exister dans l’ombre d’un groupe qui allait révéler autant qu’occulter la scène montréalaise.

Quoi qu’il en soit, « No Cities Left » n’échappe à pas à d’autres comparaisons. On est dans un style qui mélange britpop des années 90 (hello Blur) et romantisme rock qui fait plus qu’évoquer Morrissey, même pour quelqu’un comme moi qui n’a pas beaucoup écouté The Smiths. S’il n’a pas l’espèce de diction hyper articulée de Morissey (l’accent anglais, peut-être ?), le chant de Murray Lightburn en est une variante plus chaleureuse.

Les textes sont à l’avenant (rupture, marasme amoureux et acceptation), et donnent dans le lyrique. Si les comparaisons sont inévitables, The Dears n’en tire pas moins son épingle du jeu, et trouve une espèce d’équilibre entre rock alternatif et chant qui s’offre de belles aspérités au passage.

Bref, plus qu’un voyage nostalgique, un album qui vaut la peine d’être réécouté pour ses qualités intrinsèques.

Rendez-vous dans dix ans ?

Anna
"Le fait que son prénom soit un palindrome est une source de joie perpétuelle pour elle" est la seule phrase rescapée de sa dizaine de tentatives à écrire une bio. Et comme elle prend bien trop de goût à écrire à son sujet en utilisant la troisième personne du singulier, elle va s'arrêter là, tout de suite.